3. Takaragawa

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Le plus beau onsen du monde

Après Echigo, nous mettons le cap sur l’Ousenkaku Takaragawa Onsen. En japonais, onsen signifie “source chaude”. Le Japon est le pays de l’eau chaude. Je n’irais pas jusqu’à dire que ce sont les Japonais qui l’ont inventée, mais peut-être l’eau chaude a-t-elle un peu inventé les Japonais. Du moins une part importante de leur culture est-elle liée à l’eau chaude, celle des bains, des furô, des sentô, des onsen. Souvent, ces sources d’eau chaude naturelles, d’origine volcanique, sont aménagées en établissements de cure thermale. Les Japonais en raffolent.

L’un des plus beaux onsen du Japon (sinon le plus beau du monde), se trouve sur les rives de la rivière Takaragawa, à Minakami. C’est aussi l’un des plus anciens. C’est notre second décor. C’est là que que nous tournons les scènes où Amélie et Rinri barbotent dans l’eau en plein air. Dans le scénario, l’endroit est censé se trouver à Sado. En repérage là-bas, je n’ai jamais trouvé sur l’île elle-même un endroit aussi beau, ni si impressionnant que celui-ci. Nous trichons donc un peu. En réalité, nous ne quittons pas la préfecture de Gunma.

Nous arrivons assez tard à l’Ousenkaku. La nuit est tombée depuis longtemps. Arrivé la veille en éclaireur, Ali nous accueille en yukata, ce kimono léger qui est la tenue (très confortable) que revêt tout client de ryokan qui se respecte. A l’entrée, les servantes de l’auberge s’inclinent profondément en nous lançant leurs irasshaimase! de bienvenue. Le directeur himself vient me saluer – après qu’Ali lui a indiqué qui était le kantoku (le réalisateur) de la bande. Manifestement, le statut jouit ici encore d’un certain prestige.

On dîne tôt dans les ryokan. Les cuisiniers sont partis mais nos hôtes nous ont tenu au chaud le repas de fête qu’ils avaient prévu pour célébrer notre arrivée. Sauf qu’ils sont pressés d’en finir et les plats délicieux s’enchaînent à une cadence militaire. Après une heure que les plats s’amoncellent sur les tables, on n’en peut plus. Certains crient grâce. Les cuisiniers nous ont cependant fait une surprise pour la fin : des gâteaux “Tokyo Fiancée”.

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Il y a désormais un gâteau Tokyo Fiancée.

Taichi, son premier plan

Le lendemain, nous tournons la première scène de Taichi Inoue, notre Rinri. Pour la première fois de sa vie, Taichi Inoue joue une scène de cinéma. Le hasard pur du plan de travail a voulu qu’il s’agisse de la scène du onsen où il est nu en compagnie de Pauline, nue elle aussi. Comme entrée en matière, il y a plus facile pour un acteur, même confirmé. A fortiori pour un jeune homme Japonais, c’est-à-dire forcément réservé, qui n’a jamais fait de cinéma. D’autant qu’il joue la scène en français, langue qu’il ne maîtrise pas du tout. Avec lui nous parlons l’anglais. Taichi a fait des études aux Etats-Unis et vit à Londres. Avec ses différents coaches, ainsi qu’avec moi, il a appris à dire les répliques du scénario. Il sait ce qu’il dit mais il ne le comprend pas. Chaque jour il apprend ses répliques par coeur. (On m’a dit qu’Eiji Okada ne parlait pas non plus le français quand il a tourné Hiroshima, mon amour. Ce qui me semble une excellente référence et une bonne garantie de succès.)

De toute façon Taichi s’en tire très bien. Après ce baptême, il n’aura plus jamais peur de rien. C’est un peu j’imagine comme apprendre à conduire sur un semi-remorque. Tout ce qui viendra ensuite semblera toujours plus facile.

Taichi Inoue Official Shot

Taichi Inoue Official Shot

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Extraits d’“Otsukaresama deshita! Chroniques du tournage japonais de Tokyo Fiancée” 

Disponible sur le shop ainsi que sur le site des Editions Lamiroy !